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Palerme

S. Maria dell'Ammiraglio (Martorana)

vers 1140

    Construite par Georges d'Antioche, "grand amiral" (émir des émirs) de Roger II, Sainte-Marie-de-l'Amiral comprenait à l’origine un seul module centré de plan byzantin : portique à quatre arcades, arcs en ogive s’appuyant sur de hauts abaques et supportés par des colonnes, et trois absides ; la coupole était supportée par un tambour octogonal visible à l'extérieur et décoré de corniches et d’arcatures rappelant d’anciennes typologies byzantines, comme par exemple Calat Seman.
Depuis le moyen âge, l'église a subi des transformations et adjonctions diverses, les plus pesantes datant de l’époque baroque. L'entrée occidentale est constituée d’une tour-porche d’une beauté architecturale singulière, avec des volumes prismatiques, superposés et fuselés vers le haut, d’origine clairement normande, comme les tourelles d’angles ornées de colonnes, communes dans les clochers des églises du Calvados.
La solution adoptée pour la couverture est incertaine : cuspides ou coupole ?. Les murs intérieurs sont couverts de précieuses mosaïques, l'une d'elle figurant le roi Roger II couronné par la Vierge. A la Noël de l’an 1184, un arabe andalou, le chroniqueur voyageur Ibn Jubair, définit cette église en ces termes : "le plus beau monument du monde".

Vittorio Noto

Bibliographie
Guido Di Stefano, "Monumenti della Sicilia Normanna", Palermo, 1979

Crédit photographique
Melo Minnella Palermo